Lettre mensuelle de DLCM Finances .

Mai 2018

Le rebond des marchés a été fort après les mois compliqués de février et mars. L'Europe a connu la hausse la plus soutenue, grâce notamment à la baisse de l'EUR/USD. La hausse des prévisions de résultats a ramené les valorisations des marchés actions sur des niveaux plus raisonnables mais dans le même temps les perspectives macro-économiques se sont dégradées.

LES TOPS DU MOIS

LES FLOPS DU MOIS

• Les craintes de guerre commerciale s'apaisent

• Saison des résultats de bonne facture aux US et en Europe

• Les indicateurs avancés de l'activité s'inscrivent en baisse surtout en Europe

• Les marchés émergents souffrent

L'ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : L'Europe à la fête, la France en tête

Le MSCI Europe grimpe de plus de +4%. Les actions françaises, tout comme les italiennes, sont parmi les meilleures performances sur le mois (proche de +7%). Les actions européennes sont portées par une forte baisse de l'EUR/USD (-3,09% sur le mois). Les actions américaines progressent de façon plus tempérée (+2,82%). Les actions émergentes ferment la marche (-0,77%) pénalisées par le rebond du dollar. La surperformance de l'Europe est notable, les actions mondiales ne montant globalement que de +2,22% (MSCI World).

Tous les grands secteurs du MSCI Europe ont une performance positive. Malgré tout, la disparité sectorielle a été forte. Le secteur de l'énergie bondit de +12,58% porté par la bonne tenue de l'or noir tandis que le secteur de la consommation de base (alimentation, boissons, etc) ne monte que de +0,62%.

OBLIGATIONS : La hausse des taux continue

Le raffermissement des chiffres de l'inflation sous-jacente aux états-Unis a entraîné un relèvement des anticipations inflationnistes à 10 ans. Ainsi, l'écart se creuse un peu plus entre les taux US et européens. Le 10 ans US grimpe de 0,23%, dépassant temporairement la barrière symbolique des 3%. Dans le même temps, le 10 ans allemand ne monte que de 0,07% tout comme le 10 ans français. Cet écart de taux transatlantique en augmentation est la cause principale de la hausse du dollar face à l'Euro.

Le mois a donc été difficile pour les obligations internationales, les obligations émergentes souffrant également de dégagements de la part des investisseurs internationaux.

La situation est plutôt contrintuitive sur les obligations d'entreprises. Alors que l'aversion au risque a été plus forte aux US qu'en Europe, les spreads de crédit (prime de risque obligataire) sur le segment High Yield se sont détendus aux US et tendus en Europe.

MATIERES PREMIERES : L'or noir profite des tensions géopolitiques

La perspective de sortie des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien a continué de doper les cours du pétrole. Le baril américain WTI monte de +6,73% sur le mois ce qui porte la performance depuis le début de l'année à 11,64%.

A l'inverse, les minerais comme le cuivre (-2,58%) et surtout les matières premières agricoles dont le soja et le blé (-12,45%) souffrent des tensions commerciales entre les US et la Chine.

Les autres matières premières souffrent globalement de la hausse du dollar (corrélation négative naturelle entre le dollar et les matières premières). Le cuivre cède ainsi -0,85%, l'or -3,20%, et le nickel -6,44%.

MACRO ECONOMIE

INDICATEURS AVANCES
Zone Mai 3 mois Tendance Commentaires
ETATS-UNIS
Confiance des entreprises - PMI Les indices PMI se redressent mais les ISM (autres indicateurs) baissent
Confiance des consommateurs Stabilité
EUROPE
Confiance des entreprises - PMI La décélération continue
Confiance des consommateurs Pour le deuxième mois consécutif la tendance est stable
PAYS EMERGENTS
Confiance des entreprises - PMI Les indicateurs ont tous monté sauf au Bréseil. Cependant les hausses sont de faibles ampleurs

On assiste à une dichotomie entre des chiffres d'activité (« hard data ») bons et des indicateurs avancés (« soft data ») en berne ou du moins mitigés (cf. tableau ci-dessus). Ces statistiques laissent augurer que le pic de croissance est derrière nous, du moins temporairement. A titre d'exemple, la production industrielle américaine s'est offerte une nouvelle progression. Au cours des 6 derniers mois, celle-ci a affiché 5 hausses mensuelles. La croissance de la production industrielle atteint 4%, un rythme plus connu depuis 2011. En revanche les indices avancés ISM (les PMI sont en légère hausse) se retournement à la baisse présageant d'un ralentissement de ce niveau dans les mois à venir.

Préconisations

Général

Les perspectives satisfaisantes de résultats des entreprises ramènement les niveaux de valorisation sur des niveaux plus raisonnables.

MAIS les perspectives macro-économiques se dégradent.

Les incertitudes géo-politiques montent.

CONCLUSION : rester investis mais prudence.

Actions

Allocation cœur :

• Préférence pour la zone Euro versus US.
• Préférence pour le style value et les financières

Allocation satellite:

• Actions émergentes : sous la menace du dollar mais bons fondamentaux

Obligations Souveraines

• Pays développés -> rester à l'écart

• Pays émergents : intéressant en devises locales (devise du pays émetteur de dette) et «devises dures» (la dette du pays est libellée en dollar US ou en euro). Les valorisations commencent tout de même à être tendues

Obligations Entreprises

• En Europe comme aux US les rendements (nets de frais) sont proches de 0% avec un risque non négligeable

• Rester à l'écart.

Matières Premières

• Le rebond est en cours. Nous sommes toujours positifs mais pour les profils les plus dynamiques.

A surveiller

Dollar

Le dollar est en forte hausse sur le mois et le mouvement semble continuer début mai. Les marchés émergents et les matières premières pourraient en souffrir. A l'inverse, les actions européennes en bénéficient.

Nucléaire iranien

La sortie du nucléaire iranien de la part des Etats-Unis et la véhémence des autorités israéliennes font craindre une montée des tensions au Moyen-Orient.

Avertissement

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de DLCM Finances . Il ne constitue en aucun cas un conseil d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n'existe pas d'actif garanti.