Lettre mensuelle de DLCM Finances .

Mai 2019

Le mois d'avril aura été le mois de la continuation du rebond amorcé en janvier. L'imminence présumée d'une sortie par le haut du différend commercial entre les US et la Chine ainsi que des résultats d'entreprises moins pires que prévus ont dynamisé les marchés actions.

LES TOPS DU MOIS

LES FLOPS DU MOIS

• Le PIB US surprend par sa vigueur

• Le taux de chômage US s'inscrit à 3.6% soit un plus bas depuis 50 ans

• Bonne saison des résultats des entreprises

• Les négociations Chine-US n'avancent pas

• Les négociations sur le Brexit non plus

L'ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : sommets retrouvés !

Le mois d'avril a été de nouveau un excellent mois pour les actions. Les actions américaines ont à nouveau tutoyé leurs records. Le S&P500 affiche une progression proche de +4%. Les actions européennes font mieux avec +5% (Eurostoxx50) portées par les actions allemandes qui dépassent les +7%. Seules les actions émergentes semblent quelque peu à la traine avec +2%.

Des résultats de bonne facture des entreprises sont venus rassurer les marchés. Des attentes en nette baisse de la part des analystes avaient, il est vrai, abaissé la barre à atteindre pour les entreprises.

Ce sont les actions qui ont le plus souffert en 2018 qui rebondissent le plus. Ainsi le secteur bancaire et les industrielles progressent de +6.75%. Le secteur technologique n'est pas en reste avec une progression de 8.77%. Malgré ce retournement sectoriel qui pourrait sembler favorable au style « value » (actions décotées), le style « croissance » (sociétés dont la croissance des bénéfices est supérieure à celle de l'ensemble du marché) a affiché un nouveau mois de surperformance (+5.3% versus +3.8%).

Au fur et à mesure que le rebond perdure, la performance se transmet des grandes capitalisations vers les petites capitalisations. Ainsi, sur avril, les petites capitalisations battent les grandes avec une marge proche de 1%.

OBLIGATIONS : légère tension

Les rendements des obligations souveraines des pays développés ont légèrement augmenté sur le mois. Ainsi le taux à 10 ans français augmente de +0.05% à 0.38% et le 10 ans allemand prend +0.08% tout comme le 10 ans américain. Notons que le 10 ans allemand ne représente que 1% du 10 ans US ! 0.025% contre 2.5%...

Les discours des banquiers centraux, bien que très accommodants, ont légèrement déçu les investisseurs. Jerome Powell, le président de la Federal Reserve américaine a par exemple écarté l'idée d'une baisse de taux.

Côté obligations d'entreprises, le mois s'est avéré relativement calme même si légèrement négatif. Les prime de risque crédit obligataire (spread de crédit) se sont écartées légèrement (i.e. les taux sont montés).

MATIERES PREMIERES : le pétrole tient, pas les métaux

Le pétrole a fluctué au gré des déclarations politiques. Ainsi la nouvelle du non-renouvellement des dispenses accordées sur le pétrole iranien a propulsé le Brent au-dessus de $75. Toutefois, les déclarations ultérieures du président américain ont renvoyé l'or noir plus bas. Globalement, le pétrole gagne +6.5% sur le mois.

Les métaux s'inscrivent globalement en baisse. Le cuivre perd plus de -2% et le Nickel quasiment -6%.

MACRO ECONOMIE

INDICATEURS AVANCES
Zone Mai 3 mois Tendance Commentaires
ETATS-UNIS
Confiance des entreprises - PMI L'économie américaine montre des signes d'essoufflement
Confiance des consommateurs Stabilisation
EUROPE
Confiance des entreprises - PMI La tendance baissière dans l'industrie s'intensifie. Les services rebondissent malgré tout.
Confiance des consommateurs Retour de la baisse
PAYS EMERGENTS
Confiance des entreprises - PMI Accès de faiblesse sur tous les grands pays (Chine, Inde, Russie, Brésil).

Le PIB US du premier trimestre a surpris les investisseurs par sa vigueur. Attendu à +2%, il est ressorti à 3.2%. Le PIB Européen a lui aussi légèrement surpris à la hausse mais dans une tout autre mesure (+1.2%). Notons une différence importante entre des statistiques d'activité relativement bonnes et des indicateurs avancés qui plaident pour un essoufflement de la croissance de part et d'autre de l'Atlantique. Les indicateurs sont plutôt dans le rouge comme le montre le tableau ci-dessus.

Dans les pays émergents, la Chine semble repartir grâce à un plan de relance d'envergure. Cependant, difficile d'envisager la situation avec sérénité tant que la guerre commerciale sino-américaine n'est pas résolue.

Côté inflation, toutes les statistiques récentes sont en dessous des estimations. Malgré une économie vigoureuse depuis des années (surtout aux US), l'inflation reste bégnine.

Préconisations

Général

La macro-économie se dégrade maintenant de manière globale (US compris). L'Europe est clairement à la traine. Le rebond a surpris par sa violence alors que les risques restent présents. Cependant, les banques centrales ont fait un virage à 180 degrés et redeviennent accommodantes. C'est un facteur positif.

CONCLUSION : prudence tant que la macro-économie et/ou les valorisations ne s'améliorent pas mais rester investi car les banques centrales sont à nouveau à la manœuvre.

Actions

Allocation cœur :

• Légère préférence pour la zone Euro (valorisation).
•La macro-économie privilégie le style « croissance » mais la valorisation clairement le style « value ».

Allocation satellite:

• Actions émergentes : positif mais attention à la recrudescence de la guerre commerciale.

Obligations Souveraines

• Pays développés -> rester à l'écart.

• Pays émergents : rendements attractifs mais actif consensuel.

Obligations Entreprises

• Les primes de risque obligataires (spread de crédit) ne sont plus attractives.

• Il vaut mieux rester globalement à l'écart. Le segment est peu liquide.

Matières Premières

• Si le cycle s'essouffle, la classe d'actifs est à risque.

• Les rendements réels négatifs sur les pays développés sont un facteur de soutien à l'or.

A surveiller

Guerre commerciale

Donald Trump vient de raviver la guerre commerciale en quelques tweets. Non seulement il met les chinois au pied du mur mais il sous-entend que ce sera bientôt le tour de l'Europe.

Activité

Difficile de penser que l'activité va tenir tant les indices de confiance plaident pour une baisse. Toutefois, ils restent des indicateurs et ne sont pas l'activité réelle.

Avertissement

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de DLCM Finances . Il ne constitue en aucun cas un conseil d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n'existe pas d'actif garanti.